L’ajout d’un texte, d’une référence, d’un numéro de série ou d’un logo sur une pièce ou un prototype peut sembler être un simple détail de conception. Cependant, lorsque ces informations doivent être réalisées par usinage CNC, impression 3D ou gravure, le résultat final dépend de plusieurs facteurs : taille, épaisseur du trait, profondeur, géométrie, matériau et finition de surface.
Un logo parfaitement lisible en CAO peut perdre en netteté après un sablage, une anodisation, une peinture ou un polissage. De même, un texte trop petit peut s’avérer difficile à usiner ou devenir illisible une fois la pièce fabriquée.
Une conception adéquate des textes et logos gravés sur les pièces et les prototypes permet d’éviter les retouches et de garantir que l’identification, la marque ou les informations techniques restent visibles sur le produit final.
Quelle est la différence entre un texte gravé et un texte en relief ?
Avant de définir les dimensions, il convient de déterminer comment le texte s’intégrera dans la pièce.
Une gravure crée un motif en creux par rapport à la surface. Elle est couramment utilisée sur les pièces usinées, les plaques, les composants industriels, les boîtiers ou les pièces nécessitant des repères permanents.
Un texte en relief, en revanche, dépasse du plan de la pièce. Il peut donner de bons résultats sur certaines pièces imprimées en 3D ou sur des éléments en plastique, mais il est également plus exposé aux chocs, à l’usure ou aux traitements ultérieurs.
Du point de vue de la fabrication, ces deux solutions nécessitent de contrôler la taille minimale des détails et de s’assurer que la technologie choisie est capable de les reproduire.
Taille minimale du texte : il n’existe pas de mesure universelle
L’une des questions qui reviennent souvent est de savoir quelle est la taille minimale pour graver un texte sur une pièce. Il n’y a pas de réponse unique. La lisibilité dépend :
- Technologie de fabrication.
- Matériel.
- Diamètre de l’outil en usinage CNC.
- Résolution de l’impression 3D.
- Profondeur ou hauteur de la gravure.
- Type de police.
- Finition de surface ultérieure.
- Distance à laquelle le texte doit être lu.
En matière de conception, plus le texte est petit, plus il est important d’utiliser des traits simples et suffisamment épais. Une police de 2 mm de hauteur avec des traits très fins peut s’avérer moins lisible qu’une autre, légèrement plus grande et dotée d’une géométrie plus aérée.
Lorsqu’il y a de l’espace disponible, il est généralement plus prudent de surdimensionner modérément le texte que de travailler à la limite des capacités techniques du processus.
Choisir des polices adaptées à l’usinage CNC et à l’impression 3D
La police de caractères a une influence directe sur la facilité de fabrication. Pour les textes gravés par CNC, les polices simples, sans empattements et aux traits réguliers, donnent généralement de meilleurs résultats. Les polices trop décoratives peuvent comporter de petites courbes, des espaces étroits ou des détails impossibles à reproduire avec un outil donné.
Les polices de caractères sans empattement constituent généralement un choix plus robuste pour les applications industrielles.
Il convient également de prêter une attention particulière à des lettres telles que :
- A, R, P ou B, en raison de leurs cavités internes.
- M et W, en raison de la proximité entre les traits.
- E, F ou T, lorsque les lignes sont trop fines.
- Les petits nombres, en particulier 3, 6, 8 et 9.
En impression 3D, il faut également éviter les détails trop fins, car ils peuvent perdre en définition selon l’orientation, la résolution et le procédé utilisé.
Épaisseur du trait : aussi importante que la hauteur
Il ne suffit pas d’augmenter la hauteur des lettres. L’épaisseur minimale du trait est l’un des paramètres qui influence le plus la lisibilité.
Une lettre de grande taille mais dessinée avec des traits extrêmement fins peut disparaître pendant l’usinage ou manquer de netteté après la finition.
En usinage CNC, le rayon intérieur des lettres dépendra en outre du diamètre de l’outil. Si le dessin comporte des angles intérieurs trop petits, la géométrie finale devra s’adapter au rayon de la fraise.
C’est pourquoi il est conseillé de considérer le texte comme une géométrie réalisable, et non pas uniquement comme un élément graphique.
Profondeur de gravure : plus n’est pas toujours synonyme de mieux
La profondeur de la gravure CNC doit être suffisante pour que le texte reste visible après la finition, mais elle ne doit pas nécessairement être très importante.
Une gravure trop profonde peut allonger la durée d’usinage, créer des zones difficiles à nettoyer, entraîner des accumulations de peinture ou de saleté, affaiblir les parois très fines ou rendre un petit détail visuellement trop agressif.
En revanche, une gravure trop superficielle peut perdre en contraste après un ponçage, un polissage, une anodisation ou une peinture.
C’est pourquoi la profondeur doit être définie en tenant compte à la fois du processus de fabrication et de la finition finale de la pièce.
Comment les finitions influencent-elles le texte gravé ?
L’une des erreurs les plus courantes consiste à concevoir la gravure en ne tenant compte que de la pièce qui vient d’être fabriquée.
Les traitements ultérieurs tels que le sablage, le polissage, la peinture, l’anodisation ou les revêtements de surface peuvent modifier légèrement les bords et réduire la netteté des petits détails.
La peinture peut combler partiellement les gravures peu profondes. Le polissage peut adoucir les arêtes. Le sablage peut réduire le contraste des lettres très fines.
C’est pourquoi, si le texte doit rester parfaitement lisible, il convient de réfléchir dès le départ à la finition souhaitée.
Une stratégie courante consiste à augmenter légèrement la taille, l’épaisseur du trait ou la profondeur par rapport à un dessin qui ne fera l’objet d’aucun traitement ultérieur.
Logos : la simplicité peut améliorer le résultat
Les logos posent souvent un défi supplémentaire, car ils peuvent comporter des détails très petits qui n’ont pas été conçus en tenant compte de leur fabrication.
Avant d’usiner ou d’imprimer un logo, il peut être nécessaire :
- Supprimer les éléments trop petits.
- Augmenter l’interligne.
- Simplifier les courbes.
- Épaissir certains traits.
- Créer une version monochrome spécifique à la fabrication.
Il n’est pas toujours nécessaire de reproduire le fichier graphique d’origine avec une fidélité absolue. Dans de nombreuses applications, une version optimisée préserve l’identité visuelle et offre un résultat bien plus net.
Gravure ou marquage a posteriori : que choisir ?
Tous les textes ne doivent pas nécessairement faire partie de la géométrie de la pièce.
Pour les identifications variables, les numéros de série ou les codes, il peut s’avérer plus efficace de recourir par la suite à des technologies telles que le marquage laser.
En revanche, lorsque les informations doivent rester physiquement intégrées à la pièce, la gravure mécanique ou imprimée offre une solution permanente et résistante.
Le choix dépendra du nombre de pièces, du matériau, de la finition et du fait que le contenu soit fixe ou varie d’une unité à l’autre.
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